Ce matin épreuve "cuisson des croissants".

Je ne vais pas porter le médaillon tout de suite. Je vais voir comment je vis ça.

A partir d'aujourd'hui je recommence à manger mais pas comme avant.

Pour casser le rituel "dessert", "envie après manger", "goûter", "petit déjeuner" et toutes les envies de sucres qui vont avec tout ça, j'ai fait un tableau que je vais suivre scrupuleusement dans l'ordre.

Dans chaque case il y a un type d'aliment ainsi que la quantité qu'on peut manger par jour:

- 120g de fruits

- 180g de pain complet

- 120g de légumes crus

- 150g de légumineuses (ou 120g de viande, ou 120g de poisson ou 2 oeufs)

- 150g de légumes cuits (verts et pas verts)

- 30 g de fromage (ou 1 yaourt ou 2 petits suisses)

- autre 120g de fruits

- 60g glucides crus (pâtes, riz, quinoa, boulgour, etc.)

Dans cet ordre, ou un autre, je ne sais pas encore, mais à partir de quand je vais avoir faim, je vais manger la portion correspondante. Puis ne plus rien manger jusqu'à avoir de nouveau faim. Ensuite je passerai à la case d'après, et ainsi de suite. Si dans la journée je n'ai pas fini le tableau, le lendemain je repartirai d'où je me suis arrêtée.

Ne me demandais pas où j'ai pris cette idée ni si elle marche. Elle sort tout droit de mes reflections et je vous dirai si elle marche quand je l'aurai essayée.

Je ne connais plus la sensation de faim et satieté. Je vais permettre à mon corps de réapprendre à s'écouter, manger à ma faim, et sainement. Je pense qu'on se laisse tenter par les sucreries quand on n'a pas faim. Si on a faim, on est content de manger ce qu'on a et bien content d'avoir de la nourriture dans le ventre.

Je vais garder les mélanges malsain comme "poulet-frites, pizzas, "jambon-pâtes", "lasagnes" etc. pour le dimanche. Ce ne sont pas de bons mélanges et il faut éviter le gras, la charcuterie, etc. etc. mais il va bien falloir garder quelques plaisirs pour les papilles. Enlever le sucre est déjà un effort énorme.

Ce n'est surement pas pratique quand on travaille ou qu'on est absent toute la journée. Dans ce cas je ferai des boîtes que j'emmènerai. Pas évident non plus de répondre à une invitation au restaurant ou un repas de famille mais pour l'instant l'important est d'abord de guérir.

L'homme préhistorique mangeait des baies quand il en trouvait, il ne mélangeait pas les fruits et légumes des différentes saisons. Il mangeait de la viande et du poisson quand il arrivait à en attraper (pas tous les jours) et le reste du temps des substituts.

Bien sûr, nous avons évolué depuis, mais l'abondance et le choix finalement sont devenus signe de confusion et nos mélanges actuels sont souvent erronés. Qui mélange beurre et saucisson, pâtes et fromage, quand ce n'est pas une "saine" salade composée avec 3 ou 4 types de protéines.

Ca y est, les croissants sentent bon...

Je n'en souffre pas. Je profite du parfum et je sais qu'aux premiers signes de faim je vais manger la compote (sans sucre) que j'ai préparé hier soir. Je suis très étonnée de ne pas souffrir. Est-ce dû au fait que je me suis affamée pendant 3 jours? Ou au fait que j'ai porté le médaillon "anti-sucre" toute la journée d'hier?

Comme la compote est sucrée! Je n'en reviens pas! Je pensais qu'elle serait insipide. Là encore, bien mâcher et prendre mon temps.

En compagnie on a tendance à engloutir pour pouvoir parler. Seul on mange devant la télé et idem. Je vais réapprendre à savourer chaque aliment et chaque bouchée.

Hier soir j'ai mangé dans "l'urgence" et en compagnie. J'en ai moins profité que prévu. J'étais un peu déçue à la fin de ne pas avoir trouvé autant de plaisir que je le pensais.

Mon estomac a été tout de suite plein et je l'ai senti. J'arrive à m'arrêter au bon moment.

Deuxième palier: 180g de pain.

J'ai décongelé du pain que j'avais déjà fait. C'est un petit pain de 80g mais je n'arrive pas à le finir!

Il est magique. Je le mange en fermant les yeux. Je suis là. Je ne suis pas ailleurs, pas dans la télé, pas dans ce que disent les autres, même pas sur le mur d'en face. Je suis dans mes papilles, je suis mes dents, ma langue, je sens tous ces parfums incroyables que je ne sentais pas avant.

Avant c'était un petit pain "pour accompagner quand on n'aime pas ce qu'on mange". Il n'avait pas de goût. Le matin ou au goûter il avait forcément du beurre dessus, ou de la confiture, de la pâte à tartiner. Je savais qu'il devait être bon puisque fait avec du levain, de la cannelle, un peu de curcuma, des noix et de la farine complète.

Aujourd'hui je l'ai même trouvé trop riche en saveur! La prochaine fois je me limiterai à un goût. Mes papilles ne sont plus anesthésiées.

Le seul que j'ai eu du mal à digérer a été la viande. Je l'ai sentie longtemps sur l'estomac.